La "Framily Etiquette" de KickCancer

Si vous avez reçu ce guide, c'est que vous connaissez un enfant à qui l'on a diagnostiqué un cancer. Cette terrible nouvelle est bouleversante pour toutes les personnes de son entourage, y compris la famille et les amis. Si vous vous demandez comment l'aider ou que vous avez peur de dire quelque chose de travers, vous trouverez dans ce petit guide des conseils bienveillants de la part de familles qui sont déjà passées par là.

Conseil 1. Soyez vous-mêmes tout en suivant nos recommandations

On a parfois tendance à se comporter différemment en présence d'une personne atteinte d'un cancer : en parlant de manière excessivement chaleureuse et positive par exemple, en se montrant très solennels ou en parlant beaucoup. Restez simplement vous-mêmes. Des phrases comme "C'est bon de te voir" et "Comment tu te sens aujourd'hui ?" sont toujours bienvenues. 

Elles nous permettent de parler franchement sans avoir à raconter les hauts et les bas des semaines passées. Et si vous voulez en savoir plus, suivez les indices que nous vous envoyons : si on souhaite parler des changements physiques liés au traitement par exemple, on abordera le sujet nous-mêmes. Comme on sait qu'il n'est pas facile de savoir ce qui fonctionne ou pas, voici quelques exemples :

Au lieu de dire…

- “Je suis tellement désolé(e) pour vous.” (Ça fait de nous des objets de pitié, ce qui est un peu décourageant).

- “Si quelqu'un peut vaincre cette maladie, c'est bien vous.” (Les chances de survie au cancer dépendent de plusieurs facteurs mais le caractère n'en fait pas partie).

- “Tout arrive pour une raison.” (Non, nous avons juste été malchanceux, et nous devons faire avec).

- “Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.” (Ce n'est pas nécessairement vrai ; toutes les souffrances ne rendent pas plus fort).

Il vaut mieux dire :

- "Je suis désolé que cela vous arrive. J'aimerais que vous n'ayez pas à traverser cette épreuve." (Cela permet de reconnaître que nous sommes toujours des participants actifs et non des victimes impuissantes).

- "C’est vraiment nul. J'aimerais avoir une meilleure façon de le dire, mais aucun mot ne peut améliorer la situation. Sache que je serai toujours là pour toi.”

Conseil 2. Offrez une aide concrète

Notre monde est bouleversé et bien souvent, on ne sait pas par où commencer lorsque des personnes nous proposent leur aide. Vous pouvez nous faciliter la tâche en faisant des suggestions précises et pratiques, comme préparer un repas, aider aux tâches ménagères, promener notre chien ou aller chercher nos autres enfants à l'école. Votre aide n'a pas besoin d'être un grand geste, les petites choses pratiques aident déjà beaucoup. Et si vous ne savez pas comment aider, vous pouvez bien sûr nous le demander. Les surprises sont également les bienvenues :-).

Conseil 3. On a besoin d’en parler, mais pas tout le temps

N'évitez pas le sujet mais parlez aussi de choses banales, et riez avec nous de temps en temps. Le cancer n'est pas le seul sujet de conversation (nous savons que c'est un équilibre difficile à trouver).

Conseil 4. N’attendez pas de réponse (immédiate)

On aime avoir de vos nouvelles, mais on n’a pas toujours l'énergie ou le temps de vous répondre.

Conseil 5. On ne combat pas le cancer, on le subit

Mieux vaut ne pas dire qu’il faut être forts et courageux pour lutter contre le cancer. La survie dépend du type de cancer, de son stade, de la disponibilité du traitement adéquat, et pas de nos compétences. Le cancer n'est pas un test de personnalité qui se solderait par la guérison pour les plus courageux. Nous devons nous en remettre à la science et espérer le meilleur.

Conseil 6. Vos émotions

Si vous êtes trop bouleversés pour nous réconforter et nous aider, on comprend tout à fait. Vous pouvez toujours nous envoyer des cartes, des messages ou d'autres petits signes de soutien.

Conseil 7. Votre opinion médicale

Ne donnez pas votre avis médical sur le traitement si nous ne vous le demandons pas (sauf si vous êtes expert(e) en la matière, bien entendu).

Conseil 8. Nous témoigner votre affection est ce qu’il y a de plus important

N'ayez pas peur de dire un truc de travers. Le plus important est d'être présent, de montrer votre empathie et de faire de votre mieux. Et si vous pensez avoir été maladroit, n’hésitez pas à le reconnaître ouvertement. Par exemple, vous pouvez faire preuve d’auto-dérision en blaguant sur le fait que vous avez essayé d’être subtil mais que vous vous êtes complètement planté. Cela permet généralement d’éviter le malaise.